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Ostéopathie

Ostéopathie

Qu’est-ce que l’ostéopathie ? Historique

 

« L’ostéopathie consiste, dans une compréhension globale du patient, à prévenir, diagnostiquer et traiter manuellement les dysfonctions de la mobilité des tissus du corps susceptibles d’en altérer l’état de santé. »

Les premières données de thérapies manuelles se trouvent dans les écrits d’Hippocrate (De Articularis 45 & 47) : « il est nécessaire de posséder une solide connaissance de la colonne vertébrale car de nombreuses maladies sont en effet causées par un état défectueux de cet organe… Le médecin adroit et consciencieux doit être habile de son coup d’œil autant que de sa main lorsqu’il s’agit de corriger les déviations vertébrales du malade étendu devant lui, sur la table de traitement ».

Il faut attendre cependant la fin du XIXème siècle pour qu’un médecin américain, Andrew Taylor Still, (re)découvre, codifie, pratique puis, enfin, enseigne les bases de l’ostéopathie moderne.

Né en 1828 en Virginie, fils de pasteur qui pratique autant la religion que la médecine, il acquiert une solide connaissance anatomique grâce à ses talents de chasseurs et à sa grande curiosité scientifique qui le pousse à la dissection pour comprendre les mécanismes corporels. Il apprend la médecine avec son père, avant d’officialiser son savoir par un diplôme de docteur en médecine. C’est à la suite du décès de trois de ses enfants de méningite cérébro-spinale qu’il décide de rechercher une autre voie de soins que la médecine rudimentaire de l’époque.

Se fondant sur les données hippocratiques, il développe sa palpation à l’extrême afin de pouvoir déterminer la moindre anomalie anatomique chez ses patients, recherchant ainsi pourquoi un individu ne pourrait plus, à un moment donné, réagir aux agressions environnementales ou intérieures et laisserait la maladie s’installer. Ses travaux débouchent au bout d’une dizaine année d’études à la mise en place d’une médecine manuelle qu’il nomme ostéopathie et qu’il présente pour la première fois à ses confrères en 1874. Il fonde finalement la première école d’ostéopathie en 1892, the American School of Osteopathy, dans le Missouri.

Depuis, les thérapies manuelles se sont diversifiées et sont utilisées dans l’ensemble du monde occidental, notamment en Europe depuis le milieu de XXe siècle.

Les pionniers de l’ostéopathie vétérinaires en France ont fait découvrir cette médecine palpatoire dès les années 50 : la première thèse de médecine vétérinaire française traitant d’ostéopathie date de 1956 (Premiers éléments d’ostéopathie vétérinaire, M. Cabal, ENVT).

Son enseignement s’est mis en place autour de D. Giniaux, F. Lizon et A. Bouchet au début des années 80.

Pour définir l’ostéopathie, il est maintenant possible de se référer à celle donnée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 2010 : « L’ostéopathie consiste, dans une compréhension globale du patient, à prévenir, diagnostiquer et traiter manuellement les dysfonctions de la mobilité des tissus du corps humain susceptibles d’en altérer l’état de santé. »

Les concepts importants de cette définition sont diagnostic, traitement et main. Nous avons là une définition d’une forme de médecine qui n’utilise que la main du thérapeute pour d’une part trouver ce qui est malade, et d’autre part y remédier.

Mais l’approche de chaque médecin ostéopathe varie énormément. Nous avons coutume de répéter qu’il n’y a pas UNE ostéopathie, mais DES ostéopathes. D’autant qu’au sein de cette médecine palpatoire, plusieurs approches co-existent, en étant toutes complémentaires. Le médecin pourra donc passer d’une méthode à une autre, pendant la même séance, afin de permettre à son patient de recouvrer la santé. 

 Les différentes approches

  • L’ostéopathie dite structurelle s’intéresse aux restrictions de mouvements entre les éléments du système musculo-squelettique ; ces restrictions sont appeléesdysfonctions, terme préféré à celui de lésion plutôt réservé à des atteintes de la structure elle-même comme par exemple une cicatrice conjonctive. Elle a été mise au point par le docteur Still lui-même. C’est la branche de l’ostéopathie la plus connue, celle du mal de dos et de la sciatique.
  • Le praticien recherche par la connaissance de l’anatomie, grâce à la palpation soignée des zones péri-articulaires notamment, et par la connaissance de la physiologie biomécanique vertébrale, les articulations dont l’amplitude est limitée.
  • On a toujours tendance à séparer les ostéopathes « craqueurs » de ceux qui ne font pas « craquer ». Ce bruit, lié à l’expansion des gaz dans la synovie, liquide intra-articulaire, n’est une preuve ni d’efficacité (l’adage « si ça ne craque pas, c’est raté ! » est parfaitement erroné), ni de brutalité (chacun peut le reproduire en se tirant sur les doigts…). Cependant, il est vrai que les techniques dites de trust, réalisées de manière soudaine et limitée dans l’espace, en sont souvent accompagnées. Il ne faut ni craindre, ni rechercher ce « craquement ».
  • Chez le chien, les techniques structurelles sont extrêmement variées, notamment parce qu’il est essentiel d’être en adéquation avec la taille de l’animal : on ne manipule malgré tout pas un pinscher nain comme un dogue de Bordeaux.
  • La méthode crânio-sacrée, quant à elle, se pratique de la même manière chez tous les individus, et même dans toutes les espèces.
    Elle est fondée sur la perception et l’analyse du Mécanisme Respiratoire Primaire (MRP). Celui-ci est classiquement présenté comme une fluctuation dans le tissu conjonctif que la main entrainée peut ressentir à tous points de l’organisme. Une dysfonction, quelle qu’elle soit, provoque une restriction de mobilité du conjonctif, dont le retentissement de proche en proche sur le MRP est systématique. Toute partie du patient est donc susceptible de fournir les renseignements utiles sur l’ensemble de l’animal, ce qui en fait une méthode appréciée par les praticiens qui doivent faire face à des sujets pas toujours parfaitement coopératifs.
  • Un long apprentissage est malgré tout nécessaire pour en tirer tous les enseignements et permettre, par la même voie, la résolution du problème originel. Pour le néophyte, le praticien en « écoute » semble ne rien faire, mais le patient qui perçoit les tensions se dénouer est souvent d’un tout autre avis…
  • Dans le même esprit, l’ostéopathie fascialeutilise un ressenti des tissus conjonctifs pour le diagnostic et le traitement. Elle consiste à analyser le mouvement des structures conjonctives de l’ensemble de l’organisme, leurs relations de continuité anatomique permettant une véritable circulation de l’information ostéopathique. En effet, les fascias sont l’ensemble des membranes qui entourent toute structure anatomique, que ce soit les muscles, les viscères, les éléments vasculo-nerveux, etc.
  • L’ostéopathie viscérale, comme son nom l’indique, s’intéresse aux structures internes thoraciques et abdominales.
    Une première approche possible est une réflexion neuro-physiologique. En effet, l’étude de la neuro-anatomie et de la neuro-physiologie du système nerveux autonome (celui qui commande les viscères) et de ses interactions avec le système nerveux de relation (celui des muscles squelettiques, entre autres) explique les liens entre la biomécanique vertébrale et le fonctionnement viscéral, chaque partie agissant sur l’autre dans un équilibre dynamique permanent.
    Une autre approche peut être plus sensitive. De la même manière que l’ostéopathe perçoit le MRP, il peut suivre la motilité de chaque organe pour en détecter les éléments perturbés.

Troubles articulaires

Troubles articulaires – Boiterie

Nos compagnons à quatre pattes présentent assez souvent des boiteries. Elles peuvent être parfois très marquées sans pouvoir appuyer sur le membre atteint, souvent assez discrètes et qui finissent parfois par disparaître toutes seules.Pourtant, chaque boiterie est le signe d’une douleur, il est donc nécessaire de la prendre en compte rapidement.

Une boiterie est une anomalie de la démarche avec perte d’appui total ou partiel d’un ou plusieurs des quatre membres.

De très nombreuses causes sont responsables de cette affection. Il est important de bien déterminer quelle est l’origine de la boiterie à chaque cas, car certaines causes sont des contre-indications à l’ostéopathie.

Si les fractures peuvent être faciles à repérer, encore qu’une fracture simple sans déplacement puisse être un piège diagnostique, les fêlures osseuses sont délicates à repérer, et il est très utile alors de réaliser des radiographies pour ne pas faire de dégâts osseux avec une manipulation structurelle contre-indiquée.

Le plus souvent, les boiteries sont la conséquence soit d’un traumatisme sur le membre, soit d’un défaut de position de la patte par compensation d’une articulation douloureuse.

C’est dans cette optique que l’ostéopathie joue un rôle essentiel.

Notamment, les affections qui rechutent à l’arrêt d’un simple traitement symptomatique (comme les anti-inflammatoires) sont une indication majeure des techniques manipulatoires.

Troubles articulaires – Mal de dos

Les maux de dos vont s’appeler différemment en fonction de leurs localisations. Ainsi, nous distinguons les cervicalgies (le très connu torticolis), les dorsalgies, les lombalgies (le fameux lumbago) et les sacralgies.

Les animaux quadrupèdes n’ont pas la même relation avec leur dos que les bipèdes, qui sont dressés sur leurs jambes. Pour eux encore plus que pour nous, la colonne vertébrale est un organe de compensations biomécaniques qui bouge énormément. 

À ce titre, la moindre défaillance prend rapidement une grande importance, tant dans l’intensité douloureuse que dans la gène des mouvements.

Une douleur de dos bénigne peut même évoluer vers des pathologies beaucoup plus problématiques, comme les hernies discales.

Il est donc important de ne pas négliger ces douleurs, même minimes ou transitoires. L’ostéopathie est bien évidemment la méthode de choix pour le suivi et le traitement de la colonne vertébrale.

Troubles articulaires – Torticolis

Le torticolis se voit de manière clinique par une difficulté à tourner la tête. C’est une indication majeure de l’ostéopathie.

Le torticolis est une forme bénigne de cervicalgie, c’est-à-dire de douleur au niveau du cou.

L’origine peut être traumatique, comme se cogner le cou dans une porte, mais c’est plus souvent une restriction de mouvements compensatoire d’un dysfonctionnement postérieur, et cela peut provenir dans ce cas d’un blocage du bassin par exemple.

Comme souvent dans les dysfonctions du cou, c’est donc souvent en traitant une autre zone que l’on restaure la mobilité des vertèbres cervicales et que le torticolis disparaît.

Troubles articulaires – Névralgie

Les névralgies sont une irritation des nerfs périphériques. La névralgie la plus connue est le syndrome sciatique, avec les élancements dans la cuisse et la jambe.

Le vocable populaire parle d’ailleurs de nerf coincé, ce qui est une grossière erreur au regard de l’anatomie. Il n’est pas possible de se « coincer un nerf » sans conséquence dramatique pour l’organisme ; l’origine de la névralgie est une inflammation du nerf par voisinage avec une zone musculaire elle-même inflammée. Il s’agit généralement d’une articulation en restriction de mouvements, donc en dysfonction ostéopathique, dont les muscles péri-articulaires sont contractés.

C’est donc en levant cette contracture que la névralgie peut disparaître, par un effet domino de la fin de l’inflammation locale. La manipulation ostéopathique permet donc la disparition de la névralgie de manière très focalisée, à la différence des traitements anti-inflammatoires généraux par exemple.

Un des challenges thérapeutiques concerne la névralgie cervico-brachiale (NCB).

Troubles articulaires – Troubles de la croissance

Les troubles de la croissance, notamment dans les grandes races, chez le chien comme chez le chat, sont une indication majeure de l’ostéopathie.

C’est grâce à la notion de Force de Traction Médullaire qu’il est devenu possible d’influer sur la biomécanique lors de la croissance, et donc de corriger des troubles en empêchant qu’ils ne deviennent définitifs à l’âge adulte.

La Force de Traction Médullaire (FTM) est une notion physiologique et normalement présente chez tous les Vertébrés. Elle découle du différentiel de croissance du tube neural et des vertèbres, qui s’exprime par une longueur plus petite du tissu nerveux par rapport au tissu osseux au niveau de la colonne de l’animal adulte.

C’est en agissant sur cette FTM, généralement excessive lors de problèmes de croissance, que le thérapeute peut modeler dans une certaine mesure les tensions conjonctives de l’axe crânio-sacré, et en conséquence toute la biomécanique osseuse.

Régulation de la FTM chez un chiot en croissance

Régulation de la FTM chez un chiot en croissance

 

Les troubles visés par ces techniques sont les scolioses (dos voussé), les défauts d’aplomb (panardise), et dans une part acquise les dyscongruences articulaires.

Illustration à partir d’un cas clinique :

Chez le jeune animal, la présence des cartilages de croissance assure une plus grande plasticité osseuse que chez l’adulte. Si cela est facilement accepté dans la pratique usuelle, la même remarque est moins facilement soutenue concernant le crâne osseux. Et pourtant de toute évidence, les os crâniens du jeune bougent, se déforment, et finalement modèlent la tête en fonction d’un ensemble de paramètres parfois pathologiques.
Nous présentons un cas clinique afin d’illustrer ce propos.

Un doberman de 8 mois est amené à la consultation d’ostéopathie pour douleurs cervicales au mordant ; c’est un jeune chien qui s’entraine régulièrement, volontaire au travail et qui engage déjà correctement. Sa croissance est satisfaisante, le chien étant dans les normes staturales de son âge.

L’examen ostéopathique révèle un ensemble dysfonctionnel essentiellement cervico-céphalique, ainsi qu’une compensation de la ceinture pelvienne. Les éléments remarquables sont des dysfonctions de C2, C4 et C5, classiquement associées au travail au mordant, ainsi qu’un déplacement relatif antéro-postérieur de l’ensemble maxillaire et frontal droits.
Un défaut de parallélisme du chanfrein par rapport au sommet de la tête est également observé

Le traitement est réalisé par des techniques crâniennes principalement, et au niveau des dysfonctions cervicales par des techniques myotensives directes.
Le chien est ensuite laissé au repos autant que faire se peut (pas de séance d’entrainement au travail, si possible pas de jeu violent avec des congénères).

La consultation de contrôle a lieu 6 semaines plus tard. La seule dysfonction présente se situe sur l’articulation temporo-mandibulaire droite. Le chien a repris l’entrainement au mordant et ne se plaint plus. De plus, la modification du profil crânien est flagrant. La dysfonction résiduelle est traitée par techniques fasciales.

Le chien a ensuite terminé sa croissance dans de bonnes conditions et la tête reste parfaitement conformée.

Ce cas illustre bien la plasticité du crâne osseux chez le jeune. Il met en évidence l’importance de l’ostéopathie dans les troubles de la conformation lors de la croissance, où — sans autre intervention que manipulatoire — il est possible d’obtenir une résolution définitive du problème.
Dans la pratique quotidienne, il est nécessaire de ne plus considérer ces pathologies comme une fatalité, mais de les repérer le plus précocement possible lors des premières visites vaccinales afin de pouvoir y remédier avec aisance. L’intérêt d’une visite supplémentaire au cours de la croissance, classiquement aux environs de la puberté, est également évident dans une clientèle généraliste car elle permet ce type de dépistage fortement bénéfique pour le patient et largement apprécié par le propriétaire.

Troubles articulaires – Dysplasie

La dysplasie coxo-fémorale est un affection pouvant avoir de graves retentissements sur l’état général du chien et du chat.

Les pathologies induites sont parfois déroutantes.

Un cas clinique illustre ce propos :

Uston est un berger allemand de 5 ans pratiquant le ring. Depuis quelques mois, ses performances ont nettement diminuées : il court en crabe, le saut de palissade est mauvais, car il semble manquer d’impulsion.

Le propriétaire a amené l’animal chez son vétérinaire, qui a noté une forte douleur à l’extension du postérieur droit. L’anamnèse rapportant une dysplasie coxo-fémorale notée C/D,

Le chien est mis au repos et sous AINS pendant 2 semaines.
À l’issue de cette période, un court entrainement met les mêmes signes en évidence. Un membre du club de ring conseille au propriétaire d’Uston une visite d’ostéopathie.

À l’examen ostéopathique, une chaine lésionnelle classique est rapidement objectivée : épaule gauche en dysfonction de supination, D3 en FRSg, D13 et L3 en dysfonction simple de compensation, et l’iliaque droite en rotation dorsale (Dysfonction de supériorité).

La dysfonction la plus sensible est celle de l’articulation sacro-iliaque droite. Le questionnement plus précis du propriétaire rapporte un accident de saut survenu une année auparavant, où le chien est resté coincé par le postérieur droit en haut de la palissade. Les baisses de performance sont d’ailleurs apparues après, nous précise-t-il.
Le traitement est essentiellement structurel, et le chien est mis au repos pendant 3 semaines (sortie en laisse, pas d’entrainement ni de concours, etc.). Aucune médication n’est donnée, en dehors d’une prescription d’Arnica 5CH pendant 3 jours.

Le contrôle à 3 semaines montre un chien beaucoup plus tonique sur ses postérieurs. Les dysfonctions hautes ne sont qu’un mauvais souvenir, mais l’articulation sacro-iliaque a repris sa position viciée. Elle est corrigée à nouveau dans la foulée.

Après deux semaines de repos supplémentaires, Uston est remis à l’entrainement ; tout se passe au mieux, et les sauts ont retrouvé leur ampleur originelle.

Voici donc un chien sévèrement atteint de dysplasie coxo-fémorale bilatérale, qui travaille néanmoins à bon niveau, et dont le problème ambulatoire n’est pas directement en relation avec son handicap. Il est certain que ce chien ne sera jamais un grand champion, car ses hanches ne lui permettent pas des performances du meilleur niveau, mais son exemple nous montre encore une fois qu’il ne faut pas systématiquement condamner un chien à la chirurgie ou à la carpette du salon sous prétexte d’une atteinte articulaire radiographiquement avancée.

Il est évident, du point de vue ostéopathique, que la dysplasie coxo-fémorale est un défaut d’aplomb induisant une modification dans la biomécanique générale de la structure ostéo-articulaire globale de l’organisme. Mais son intégration dans une démarche de ré-équilibrage fonctionnel permet souvent une qualité de vie nettement améliorée pour le patient. À l’extrême, nous rencontrons des cas comme celui présenté ici, où à elle seule l’ostéopathie trouve une solution élégante.

Troubles non articulaires

Troubles non articulaires – Troubles digestifs

L’ostéopathie a un rôle à jouer dans les affections du système digestif, notamment dans les affections chroniques fonctionnelles.

Un cas clinique illustre le propos :

Une chatte stérilisée de 10 ans est envoyée en consultation d’ostéopathie pour troubles digestifs récurrents : elle vomit environ une fois par mois, et présente une constipation chronique, avec émission de selles tous les trois ou quatre jours seulement.

À l’examen clinique standard, nous ne remarquons aucun signe significatif, si ce n’est un poil piqué. La chatte est alerte, bien que des signes d’arthrose semblent gêner ses sauts.
L’anamnèse nous révèle un choc violent survenu il y a un an ; le propriétaire pense que les vomissements sont apparus peu de temps après.
L’examen ostéopathique identifie un certain nombre de dysfonctions : le sternum est légèrement dévié à droite, le coxal droit est en antériorité, les vertèbres C4 et D9 sont en dysfonctions de compensation. À ce stade, aucune dysfonction viscérale n’apparaît à l’exclusion d’un colon qui l’on peut qualifier de simplement « paresseux ».
Le traitement fait classiquement appel aux techniques structurelles pour le sternum et le coxal, les vertèbres en compensation se corrigent rapidement avec des techniques myotensives.
Nous recommandons de revoir la chatte 3 semaines plus tard.

Le propriétaire revient au bout d’un mois. L’animal est mieux, et a repris un poil soyeux. Si les vomissements ne sont pas réapparus, le transit est toujours ralenti. 
Ostéopathiquement, seule la treizième dorsale est en dysfonction dans le système ostéo-articulaire. En revanche, nous mettons en évidence une dysfonction du côlon ascendant et du rein droit.
Les organes viscéraux sont traités par techniques fasciales, et reviennent bien dans leur mobilité naturelle. La D13 subit un traitement structurel simple.

La prise d’informations téléphonique à 3 semaines post-manipulation nous apprend que la chatte ne présente plus de constipation. 
Un contrôle ostéopathique est alors proposé à 6 mois, et ne révèle aucune dysfonction majeure, la chatte ne présentant toujours plus aucun symptômes digestifs.

Ce cas clinique montre l’importance de l’intégrité des structures dans la résolution des problèmes fonctionnels chroniques, digestif ici, mais aussi sur les autres grands systèmes dans l’absolu.
À cette fin, il ne faut pas hésiter à proposer aux propriétaires des animaux présentant ce type de tableau récurrent une approche ostéopathique s’inscrivant dans une démarche globale. C’est en effet une réponse raisonnée à l’inquiétude souvent justifiée des maîtres.

Troubles non articulaires – Troubles respiratoires

L’ostéopathie peut se révéler très utile dans la gestion des pathologies respiratoires telles que l’asthme, les collapsus trachéaux et le reverse sneezing.

Bien que plus fréquent chez les races brachycéphales, un cas de reverse sneezing très original car chez le chat, a déjà été rapporté il y a quelque temps (DENIS B., Osteo4pattes 18, 09-2010).


Dans le cas particulier du syndrome de reverse sneezing, les dysfonctions trouvées se situent quasi systématiquement au niveau des MTR (Membranes de Tensions Réciproques) et de l’hyoïde, dont il ne faut jamais oublier l’importance dans la biomécanique crânio-cervicale. L’ostéopathie est d’ailleurs un des rares abords à soulager, voire guérir, correctement cette pathologie si classique des brachycéphales.

Troubles non articulaires – Troubles neurologiques

Les troubles neurologiques comme certains pathologies centrales peuvent être améliorées par l’ostéopathie.

Les troubles neurologiques peuvent avoir plusieurs origines.

Les troubles d’origine vasculaire, par manque d’efficacité artérielle, sont généralement de bonnes indications de séances manipulatoires.

Il en est de même des troubles liés à une Force de Traction Médullaire excessive. La pathologie du système nerveux central la plus représentative est la syringomyélie (appelé aussi syndrome de Chiari) ; dans cette maladie, des séances régulières — associées ou non à un traitement médicale- permettent de faire régresser la symptomatologie.

De même, ces tensions méningées peuvent créer des zones d’excitation nerveuses à l’origine de troubles convulsifs et aggraver voire provoquer certaines crises convulsives et certaines épilepsies essentielles.

Troubles non articulaires – Troubles cutanés

Certains troubles cutanées sont liées à des modifications de la qualité et de la quantité de la vascularisation de la peau. Ces modifications peuvent être dues à des problèmes plus profonds comme des contractures musculaires.

Ils peuvent également liés à des défauts de glissements des différents fascias les uns par rapport aux autres ce qui crée des restrictions de mouvements de la peau par rapport aux plans sous-jacents.

L’ostéopathie, en résolvant ces contractures et en permettant un recouvrement de la fonction vasculaire, assure la disparition de ces pathologies cutanées.

Les troubles cutanés qui sont de bonnes indications à l’ostéopathie sont généralement des troubles locaux, souvent récidivants à l’arrêt des traitements usuels, et donc difficile à guérir par les techniques classiques.

Gestion de l’arthrose

Gestion de l’arthrose – Qu’est ce que l’arthrose

L’arthrose est une affection des articulations caractérisée par la destruction progressive du cartilage articulaire, associée à la formation d’ostéophytes marginaux et à des remaniements de l’os sous-chondral et de la membrane synoviale.

C’est le processus pathologique articulaire le plus courant chez le chien, et tous les chats de plus de 10 ans en sont atteints.

L’arthrose se traduit par de la douleur puis par une évolution vers l’ankylose articulaire.

Elle apparaît physiologiquement avec l’âge ; au bout de plusieurs années de vie, on note en effet une diminution des capacités de restauration du cartilage. Mais elle apparaît aussi plus précocement sur une articulation anormale, comme une instabilité du genou liée à une luxation intermittente de la rotule, une malformation de type dysplasie, ou une réparation aberrante suite à une fracture mal consolidée.

Les premiers signes sont la conséquence de la douleur à froid : raideur au levé, refus d’effectuer des sauts ou difficulté à prendre les escaliers par exemple.

Des crises douloureuses plus importantes apparaissent ensuite. Enfin, l’évolution se fait vers un blocage articulaire pouvant aboutir à l’impotence de l’animal.

Gestion de l’arthrose – Rôle de l’ostéopathie

L’ostéopathie a pour but d’éviter la sclérose des articulations en amont et en aval de l’articulation atteinte.

En effet, la douleur provoquée par l’arthrose d’une articulation induit un report des mouvements et du poids de l’animal sur d’autres éléments. Ceux-ci montrent alors assez rapidement des signes de souffrance, avec apparition d’une inflammation chronique à bas bruit le plus souvent non décelable par les examens usuels, mais qui aboutit à une dégradation articulaire de type arthrose également, avec un effet « domino » inexorable.

C’est pour éviter cette apparition d’arthrose sur les articulations non touchées initialement que les séances d’ostéopathie ont tout leur intérêt. On voit alors les animaux recouvrer de la souplesse et récupérer une certaine mobilité sans utiliser de remèdes médicamenteux.

La simple mise en place d’un suivi manipulatoire (généralement une séance tous les 4 à 6 mois) suffit donc à observer un gain clinique immédiat, mais aussi une diminution de l’évolution morbide de la maladie.

Gestion de l’arthrose – Traitement multimodal

La prise en charge de l’arthrose nécessite plusieurs voies simultanées.

L’hygiène de vie, tout d’abord, est très importante. L’animal arthrosique doit impérativement conserver un exercice physique modéré, mais réel. Ne pas vouloir promener son chien parce qu’il est arthrosique est fortement délétère, parce qu’ainsi il perd ses muscles et ses articulations s’ankylosent. Un exercice quotidien (marche ou nage) est le meilleur moyen de maintenir ses systèmes articulaire et musculaire.

L’hygiène nutritionnelle est tout aussi importante. L’ennemi n° 1 des articulations est le surpoids. Il est impératif que l’animal soit à son poids de forme, voire même légèrement en-deçà.

Le maintien du système ostéo-articulaire dans la meilleure biomécanique possible est le premier élément des thérapies indispensables. Pour cela, une séance d’ostéopathie 2 à 3 fois par an suffit. Cela permet d’une part de limiter les douleurs en soi, et d’autre part d’améliorer la performance de toutes les autres facettes du traitement multimodal.

La rééducation fonctionnelle est nécessaire dès que la pathologie arthrosique est installée. Des exercices de kinésithérapie peuvent être mis en place à la maison, et si besoin des séances de physiothérapie sont réalisables.

L’utilisation de chondroprotecteurs (compléments alimentaires) bien choisis et bien dosés permet la protection et la restauration du cartilage articulaire.

Les acides gras poly-insaturés de type oméga-3 sont une aide précieuse à la réduction de l’inflammation, et donc de la douleur et de la dégradation articulaire.

Les anti-oxydants limitent le vieillissement cellulaire et donc la dégénérescence de l’ensemble des tissus de l’organisme.

Enfin, dans certains cas, des médicaments anti-inflammatoires peuvent être nécessaires ; mais, leur utilisation est au final assez restreinte dans l’arsenal thérapeutique de l’arthrose.

Gestion de la dysplasie

Gestion de la dysplasie – Qu’est ce que la dysplasie

La dysplasie coxo-fémorale est une affection extrêmement répandue chez le chien, notamment dans certaines races (berger allemand, labrador retriever par exemple). On la rencontre également chez les chats de grande race comme le Maine Coon.

Cette pathologie est liée à la croissance. L’origine de ce défaut d’efficacité de l’articulation est multiple.

Une part est héréditaire, et c’est pour cela qu’on élimine de la reproduction les animaux très atteints.

Mais d’autres facteurs interviennent, comme l’activité pendant la croissance, la vitesse de la croissance et l’alimentation.

Sa gravité se détermine grâce à un examen radiographique.

Les défauts d’aplombs créés par les articulations pathologiques ont deux conséquences.

D’une part, la gène des mouvements des hanches induit une exagération de ceux des articulations en amont (charnière lombo-sacrée dan un premier temps, puis articulations inter-vertébrales) et en aval (grassets, puis chevilles). Ceci entraine un traumatisme de ces articulations, qui finissent par s’inflammer. Les muscles péri-articulaires se contractent et les articulations s’ankylosent.

D’autre part, et dans un deuxième temps, ces articulations ankylosées se dégradent et s’arthrosent à leur tour.

Au fur et à mesure de la vie de l’animal, ces deux phases s’enchainent de proche en proche, et l’état général se dégrade.

Gestion de la dysplasie – Traitement multimodal

Le traitement de la dysplasie coxo-fémorale passe par un ensemble de mesures.

Lors de la croissance de l’animal, le traitement aura pour but de limiter les effets environnementaux de la mise en place de la dysplasie.

Il s’agit donc d’une attention particulière au mode de vie de l’animal tout d’abord, en évitant les jeux brusques ou les courses excessives par exemple.

Mais le contrôle de la vitesse de croissance par un suivi de l’alimentation joue énormément. En effet, une croissance (en longueur) trop rapide du chien se solde par une aggravation de la dysplasie en raison d’un excès de Force de Traction Médullaire (FTM).

Enfin, lorsqu’un excès de FTM est constatée, c’est la mise en place d’un suivi ostéopathique qui permet sa réduction par des techniques fasciales et tissulaires. Des séances régulières permettent de réduire, voire de stopper l’impact de l’excès de croissance sur l’évolution de la dysplasie.

Lorsque la croissance de l’animal est terminée, et que la dysplasie coxo-fémorale est avérée, son traitement devient une gestion à long terme des conséquences du (ou des) défaut(s) d’aplomb.

Ainsi, il convient d’associer ostéopathie pour ré-équilibrer le système ostéo-articulaire péri-lésionnel, et gestion de l’arthrose induite par les anomalies des hanches.

Gestion de la dysplasie – Rôle de l’ostéopathie

Le rôle de l’ostéopathie dans la dysplasie coxo-fémorale est double.

Lors de la croissance de l’animal, l’ostéopathie limite les tensions liées à la Force de Tension Médullaire excessive qui provoque un tiraillement du sacrum en flexion, et donc une force d’écartement des coxaux vers l’extérieur, ce qui modifie les lignes de force au niveau des articulations des hanches

L’ostéopathie permet de modérer, et même de réguler, la FTM en agissant sur les tensions aux points d’ancrage des méninges, que ce soit au niveau du cône dural ou bien des attaches crâniennes.

Afin d’obtenir de bons résultats, un suivi très régulier est nécessaire, et peut aller jusqu’à une séance par semaine dans les phases aiguës.

Lorsque la croissance de l’animal est terminée, l’ostéopathie a pour but d’éviter la sclérose des articulations en amont et en aval des hanches ou des coudes atteints. En effet, la gène provoquée par la non-congruence articulaire induit un report des mouvements et du poids de l’animal sur d’autres articulations. Celles-ci montrent alors assez rapidement des signes de souffrance, avec apparition d’une inflammation chronique à bas bruit le plus souvent non décelable par les examens usuels, mais qui aboutit à une dégradation articulaire de type arthrosique.

C’est pour éviter cette apparition d’arthrose sur les articulations non touchées par la dysplasie que les séances d’ostéopathie ont tout leur intérêt. On voit alors les animaux recouvrer de la souplesse et récupérer une certaine mobilité sans utiliser de remèdes médicamenteux.

La simple mise en place d’un suivi manipulatoire (généralement une séance tous les 4 à 6 mois) suffit donc à observer un gain clinique immédiat, mais aussi une diminution de l’évolution morbide de la maladie.

Ostéopathie pour les chats

Contrairement aux idées reçues, l’ostéopathie est non seulement parfaitement tolérée par le chat mais un certain nombre de félins apprécient particulièrement ce type de soins.

Si on peut recourir à l’ostéopathie exactement dans les mêmes indications que chez le chien, l’ostéopathie trouve particulièrement sa place dans l’arsenal thérapeutique de l’arthrose féline. En effet, jusqu’il y a peu, on sous-estimait et on sous-diagnostiquait grandement l’arthrose féline et la gêne et la douleur qu’elle occasionne.

Si l’utilisation des anti-inflammatoires est souvent contre-indiquée chez les chats âgés insuffisants rénaux, les soins ostéopathiques se révèlent quant à eux d’une grande efficacité sans ces restrictions d’utilisation.

Ostéopathie pour les NAC

Chez les NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie), en plus des indications habituelles, l’ostéopathie est particulièrement intéressante dans les traitements des phases précoces de malocclusions dentaires. Ils permettent dans un certain nombre de cas d’éviter les soins de parages dentaires.